A la croisée des chemins...

17 mai 2013

A la croisée des chemins...

C'est étrange de se dire que huit mois se sont écoulés sans que vous ne les voyiez passer.

Assister au départ de ses amis expatriés un-par-un et regarder ses valises poussiéreuses sous son lit, son armoire pleine, les murs remplis de cartes postales envoyées par les amis et la famille pour se dire qu’il va falloir les dégrafer, les ranger dans une boîte sans savoir ce qu’il va advenir du futur…
Se sentir mal, ne pas savoir quoi faire de sa vie, se demander si son pays natal sera à nouveau aussi accueillant que l’Angleterre…

C’est dans cet état d’esprit que je suis à l’heure actuelle.
Heureuse et triste à la fois.
Etrangère à moi-même.
Etrangère tout court.
A fleur de peau.

Que s’est-il passé pendant ces huit mois ? 
Je vais me retrouver sans emploi dans un pays où la crise économique a continué d’écraser la classe moyenne, à faire de ma région une ruine pittoresque…
Le monde a continué de tourner sans que rien ne l’arrête…
Je ne sais que faire, je ne sais que penser…

Que va-t-il se passer quand je sortirai de l’Eurostar et que je débarquerai en plein cœur de Paris ? Quel comportement vais-je adopter quand je traînerai mes valises lourdes de souvenirs entre la Gare du Nord et la Gare de l’Est ? Arriverai-je à comprendre que je suis de retour ? Vais-je pleurer, seule, sur ce quai de gare où des millions de personnes se croisent quotidiennement ?
Mon cœur continue de battre, il chante sa douce mélopée et plus j’y pense, plus je suis confuse quant à l’attitude à adopter à mon retour…
Je me suis construit une vie ici, je me suis bâtie une réputation et savoir qu’il faut tout recommencer encore une fois…
Pas que je ne sois pas effrayée, bien sûr… J’ai toujours aimé les challenges…
Mais là, pendant tout ce temps, je me suis sentie bien, vivante, heureuse, épanouie, en harmonie. J’ai pu laisser de côté mes complexes, mes craintes et mon autre-moi…

J’ai peur.
J’ai peur de rentrer.
J’ai peur de ne pas pouvoir éviter l’inévitable.
Et vous, serez-vous là ? Serez-vous présent pour me tendre un mouchoir si je n’arrive pas à contenir mes larmes ?
Y-aura-t-il toujours une porte ouverte où je pourrai vous raconter mes folles aventures ?
Trouverai-je un jour où est mon foyer ?
Rentrer en France, rentrer en Lorraine, rentrer dans les Vosges. Je ne sais pas si je suis prête facilement…

A la croisée des chemins

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