Into the english wild

3 février 2013 

Dimanche. Journée de repos.
La journée précédente fut incroyable. Avec une amie assistante, nous nous sommes amusées à faire une randonnée de 6.5 miles (10 km environ) dans la campagne anglaise bordant le bord de mer. 
Nous n’avions pas pensé que cette marche allait s’avérer ardue mais néanmoins cocasse…
Plantons le décor et rêvons ensemble.

Village anglais entre Whitby et Robin Hoods Bay
Imaginez des vagues puissantes venant s’écraser sur les magnifiques falaises érodées par le climat, la houle et les différentes ères de l’Histoire…
Ressentez du plus profond de vos entrailles le cri des goélands peinant à se faire entendre derrière le vent violant hurlant dans vos oreilles… 
Sentez les effluves de l’air marin, la magnificence de Dame Nature. Votre chair ne demande qu’à revivre ces millénaires perdus où nous vivions en parfaite harmonie avec la Terre…
Observez à travers vos rétines ce monde (presque) parfait, creusé par des vallées et des sillons naturels vous faisant oublier tous les tracas de la vie quotidienne…

Falaises
Voyez-vous tout ce que je peux vous décrire ? 
Oui ?
Alors, ne faisons plus qu’un avec notre corps. Enfilons nos baskets, nos chaussures de randonnées et partons ensemble de ce pas téméraire fouler les sentiers pédestres en direction de Robin Hoods Bay.
« Whitby. Terminus ! Tout le monde descend ! »
Ramassez le sac-à-dos posé sous votre siège, levez-vous et dirigez-vous vers la sortie de votre moyen de transport. Ouvrez grand vos sentiments, le monde n’attend plus que vous.
Quelle est la première chose à laquelle vous pensez ? Quel est votre ressenti ?
L’air et les odeurs ?
Les sensations dues aux bourrasques du vent ?
Là où votre regard se pose ?

Whitby
Vos émotions se bousculent, s’entremêlent, s’entrechoquent. Votre cerveau, vos oreilles, vos yeux, votre nez ne comprennent pas. Ils sont perdus et se demandent à toute haleine ce à quoi s’attendre, eux, habitués à ce train-train quotidien que sont les klaxons, les buildings, les couleurs criardes et odeurs nauséabondes que diffusent moteurs et autres excentricités de nos derniers millénaires.
Puis, tout-à-coup, vous vous détendez, vous prenez cette longue respiration, qui vous permet de vous détendre quand, au beau milieu d’une réunion, vous sentez que votre esprit s’égare et que vos pieds ne demandent qu’à fuir cette vie que vous vous êtes construite.
Un pas après l’autre, votre corps commence alors à s’habituer à ce repos de l’âme et s’ouvre à ce nouveau monde, étranger mais néanmoins si accueillant.
En haut, en bas, à gauche, à droite, votre cerveau ne sait plus où donner de la tête face à tant de merveilles naturelles si proches.
Vos pieds continuent de vous faire avancer. Vous ne pouvez plus reculer. Vous vous sentez calme, en paix avec vous-même et vous poursuivez sur votre lancée.
Un pas après l’autre. Doucement, hésitant, puis de plus en plus convaincant.
Un rayon de soleil apparaît, vous souriez ; une averse de grêle vient clore vos réflexions positives, vous râlez contre ce maudit temps anglais ; une nouvelle accalmie et votre bouche esquisse à nouveau ce sourire si radieux que le soleil décide de rester quelque temps face à tant de plaisir et de bonheur.
Un pas après l’autre, vous découvrez des sentiers tour-à-tour verdoyants, boueux, marécageux. 
Vous glissez, vous vous rattrapez in-extremis aux fils de fer barbelés proches de vous et vous remerciez en silence le berger pour la solidité de ses clôtures. Vous reprenez votre marche normalement tout en humant l’air environnant.
De temps à autre, l’écume marine emportée par le vent vient mouiller votre visage, tremper vos vêtements mais jamais, - ô grand jamais - vous ne perdez votre sourire. 
Les falaises creusées, la mer à portée de vous, les goélands tournoyant au-dessus de votre tête ne sont que des mirages de bonheur à perte de vue.
De temps à autre, des moutons viennent vous encourager dans votre quête des temps perdus. 
Le long du chemin...
Qu’importe la boue, qu’importent les glissades, tel un chevalier, vous êtes hardi et vous poursuivez votre route, courageux et fier !
Puis… 
Tout-à-coup, vous vous sentez défaillir...
Votre courage et votre sourire s’effacent…
Vous voyez votre vie défiler au ralenti…
Vous sentez que votre cheville gauche ne trouve pas de point d’appui dans la boue glissante alors que votre cheville droite emportée dans son élan poursuit son cheminement naturel…
Vous voyez le sol – les flaques boueuses, les petites touffes d’herbe parsemées de gouttes de pluie, le regard des moutons – s’approcher dangereusement vite.
Vous tendez vos mains humides afin de limiter votre chute mais il n’en est rien…
Patatra !
Tout votre corps –manteau compris – est allongé sur le sol. 
Vous pestez contre ce maudit climat, ces sentiers qui ne sont plus réellement des sentiers pédestres et vous-même d’être si peu agile.

Puis, vous réagissez positivement au contact de la boue et de la verdure proche de votre conduit nasal. Inconsciemment, vous humez les douces effluves de la campagne et votre sourire revient.
Après tout, ce n’est que de la boue…
Vos mains s’enfoncent gracieusement dans la terre mouillée tandis que votre corps se relève péniblement et que vos pieds cherchent un terrain d’appui plus confortable.
Voilà, à nouveau debout, votre regard se porte sur les falaises, les champs à perte de vue. 
Vous êtes réellement seul au monde.
Un pas après l’autre, courage, hardiesse et véhémence reviennent.
Les premières lueurs du village de Robin Hoods Bay apparaissent alors que les derniers rayons du soleil disparaissent dans des éclats dorés, rougeoyants et orangés. 
Vous avez réussi votre quête !

Fatigué mais heureux d’avoir accompli une si belle promenade, vous rentrez chez vous afin de vous récompenser d’un bon verre de lait chaud, des images de solitude et de beauté naturelle au fond des yeux…
Ebahie par le monde environnant

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